Jouons !

A 2 ans, surtout après près d’un mois passé à la maison, notre fille développe énormément les temps de jeu libre et les enrichit de jour en jour ! C’est un vrai plaisir à observer. Et à force, je me suis posée pas mal de questions autour de la place du jeu dans nos vies, la valeur qu’on y octroie. Ce billet recoupe un peu mes fils de pensées, me laissant l’espace pour les redévelopper ultérieurement.

De quoi parle-t-on?

Le jeu libre est un jeu spontané, sans consignes durant lequel l’enfant est totalement aux manettes de son activité. Son but ? générer du P-L-A-I-S-I-R ! Selon les fois et ses besoins, l’enfant intégrera l’adulte ou non dans son monde. A la maison, notre fille aime qu’on soit à côté à l’observer jouer.

Par exemple, en ce moment, elle scénarise les mises à table et les couchers de ses petites peluches (les moments un peu délicat avec elle en fait). Un coussin fait office de table, une boîte renversée de chaise, des petits bouts de catadioptre trouvés dehors incarnent des petits bonbons… et elle dévalise son armoire ouverte pour aller chercher des habits qui feront office de couverture individuelles pour les 4 amis ! (NB: petit instant de lâcher-prise maternel et soulagement que je ne repasse pas du tout le linge !).  Elle peut passer de longs moments et je l’écoute, attendrie, en train de papoter gaiement: « Allez petite souris, couche-toi là. Tu as froid? Oui ? D’accord. Mets ta couterture. Ça va? Oui? D’accord. »

Le jeu libre: question de temps?

Comme le le disais en préambule, depuis le confinement, E. développe et enrichit beaucoup ses jeux. Elle qui n’a jamais été grande amatrice d’activités « structurées » ou même de jouets à but unique (je pense aux puzzle), elle prend un grand plaisir à nous imiter – et à courir partout bien sûr, car à 2 ans, bouger c’est la vie !

A mes yeux, deux facteurs influencent cela (outre le fait qu’elle grandit bien sûr): le temps disponible et notre présence au quotidien dans la maison. Jouer librement avec pour seul moteur soi-même demande en premier lieu une bonne sécurité intérieure mais également du temps pour conduire l’activité comme on le souhaite et la faire évoluer au fil de ce qui est rejoué. Nous-mêmes le savons très bien: nous lancer dans un projet nécessite qu’on dispose de temps suffisant pour l’élaborer, le construire et le mener à bien. Quand on suit le rythme du travail salarié qui segmente la journée en tranches horaires, cette liberté de conduite manque, y compris pour les petits qui sont dépendants des adultes et donc tributaires du rythme imposé. Du temps, cela libère l’esprit, favorise la créativité et l’autonomie.

Il en va de même pour les adultes. Levez les activités structurantes et divertissantes du quotidien, l’ennui pointe son nez: l’autonomie dans la tâche et son déroulement est une posture qui se construit.

De la nécessité des jouets?

Cette épineuse question, je me la suis posée il y a déjà quelque temps en lisant « L’enfant » de Maria Montessori. J’ai l’impression que la nécessité d’offrir des jouets aux enfants a émergé en même temps ceux-ci se sont petit à petit vu priver d’un accès au monde extérieur. Des enfants ayant un accès aisé un environnement naturel ont besoin de peu de chose: bouts de bois, herbes, cailloux, terre et petits contenants peuvent les occuper des heures durant. En plus de l’activité motrice liée à leur déplacement. Par contre, entre quatre murs, la nécessité de s’occuper devient nécessaire tant l’activité physique possible ainsi que les items à détourner sont peu présents. Je crois bien qu’il y a un fil à explorer entre la réduction de nos espaces de vie et l’accès à l’extérieur dans des environnements « naturels » (ou du moins porteurs d’une certaine idée de la nature), la structuration de nos rythme de vie par le travail et l’achat de bien de consommation. La manière dont on envisage la possession de nos espaces publics, dont on les investit va forger notre rapport à la nature et aux autres je pense. D’ailleurs, avec le confinement, je me suis souvenue d’une proposition électorale aux précédentes élections (portée par le parti Ecolo) qui souhaitait la mise à disposition d’espaces verts dans un rayon de 300 m autour de chaque habitation. Cela ne m’a jamais paru si censé qu’aujourd’hui !

Les parents et le temps du jeu

Dans ce point, je développe un sentiment qui m’habite et m’inquiète. On parle énormément de la charge mentale que représente le foyer et qui est majoritairement portée par les femmes. Je vous invite d’ailleurs à jeter un œil à cet article détaillé consacré à cet épineux problème où Sandrine avait listé l’ensemble du travail à prendre en charge quand on a des enfants, et comment cette charge avait été répartie dans son foyer.

De part mon statut actuel et mon temps disponible (étudiante à mi-temps), je suis le parent qui assure majoritairement les soins de notre enfant en semaine de travail. Qui plus est, parce qu’on souhaite un accompagnement respectueux de sa personne, je l’accompagne dans son endormissement ainsi que de nuit depuis plus de deux ans. Par conséquent, quand le papa est là pour prendre le relais afin que j’ai un peu de temps (pour travailler à mes cours, faire des courses – donc du travail la plupart du temps- ou ponctuellement pour faire du yoga ou lire), il joue avec notre fille, sort se promener avec elle etc.

Insidieusement, je me suis rendue compte que j’avais rarement l’envie de lui dédier un temps de jeu: après le temps des soins et des endormissements à rallonge, il y a des moments où j’ai besoin d’être seule ! C’est comme ça que, doucement, on a fini par se répartir des tâches d’une façon qui m’inquiète un peu: le papa joue (pas que bien sûr) et la maman s’occupe du « care« , des soins à la personne. J’admets volontiers que, étant encore fort petite et demandeuse de soins vu son âge, je lui accorde de bon cœur cette présence aimante dont elle a besoin. J’espère juste parvenir à me réapproprier une place au fur et mesure de son âge qui ne se cantonne pas tant que ça au foyer et qui démontre que, sa maman aussi en tant que femme, est actrice dans la société parce que…

Quelle est la place du genre dans le jeu?

Vaste question ! A voir notre petite fille berçant, enlaçant et faisant téter ses doudous, je suis émue de retrouver nos gestes à nous et espère parvenir à transmettre un peu des valeurs et postures que je défends à travers notre parentage. En parallèle, je me suis demandé: que ferait un petit garçon à sa place ? Reproduit-elle les gestes qu’on lui porte, indistinctement de leur origine maternelle ou paternelle ? Ou bien reproduit-elle surtout les gestes de sa maman à qui elle s’identifierait déjà en tant que genre?

A 2 ans, la construction du « soi » n’est pas encore acquise: elle alterne entre haute autonomie et instants fusionnels avec son référent affectif – moi. Par jeu, il y a quelques semaines, quand on observait des dessins de dames et de messieurs dans un livre, je lui ai demandé: « Et toi, tu es une dame ou un monsieur? » – Silence – « Rien » m’a-t-elle répondu. Je ne sais pas si elle s’identifie déjà à un genre mais je m’interroge une fois de plus sur la palette des possibilités que je parviens à lui présenter.

Huis clos – J 11

C’est drôle, ce qui me pèse, c’est l’horizon unique du maintenant, du présent.

De ne pas savoir me projeter dans un « après », aux contours encore trop flous (est-ce qu’on ira à la mer cet été?)

De ne pas savoir m’évader dans un « plus tard », un ailleurs temporel.

De ne pas savoir quoi faire « après ». Qu’est-ce que je planifie? Est-ce que c’est « assez »?

Je me sens à l’étroit, non pas car je suis physiquement confinée – chanceuse, j’ai de l’espace, un jardin et des alentours verdoyants. Non, je suis confinée dans le temps, sur un balancier dont le rythme s’est cassé et n’est plus en phase avec ce que j’avais pu accordé (laborieusement, bancalement) auparavant.

Les trop pleins et les creux, ça fait 2 ans que je vis avec: l’incertitude du temps entre mes mains. Ça m’angoisse ce temps distendu …Comment le remplir? Comment l’optimiser? Comment le rentabiliser? Comment évaluer son usage? Je vi(vai)s comme une abeille ouvrière, les yeux rivés sur une sorte de ligne de conduite acceptable par mes pairs et dans laquelle je trouve un semblant de valorisation. Je suis surprise de voir ça, je me croyais « affranchie » de cela, suffisamment distante du crédo du « métro-boulot-dodo-conso », consciente de cette nécessaire lenteur.

Mais non. Devenir mère me l’a rappelé en pleine face- je le vis encore mal parfois, souvent. 

Etre confinée me rappelle encore: je remplis pour bien paraître. A moi en priorité parce que je doute de ce que je vaux. Prendre le temps ou le perdre: comment savoir? comment choisir?

Evaluer son usage du temps est devenu une norme à caractère sociale qui touche à la productivité. Qui touche à notre valeur sociale aussi. Ce rythme étrange qui balance sans que j’en saisisse les temps forts me laisse désemparée.

Surtout que, de base, je n’ai aucun sens du rythme…

Huis clos – J1

Sous le signe de : l’ambivalence

On entame notre premier jour de confinement aujourd’hui en Belgique. Et je me sens tiraillée…

D’un côté, je suis contente de passer du temps à 3 : ça faisait longtemps qu’on avait pas eu l’occasion d’être ensemble de façon si paisible, sans une réunion politique, sans les coureries pour la crèche, sans sollicitations à gauche et à droite etc. Parce que oui, on a enlevé E. de la crèche pour 5 semaines étant donné qu’on est tous les deux avec le papa en télétravail plus ou moins nécessaire. C’est la moindre des choses de laisser la place à des enfants qui n’auraient pas de mode de garde alternatifs, notamment ceux qui auraient dû rentrer à l’école cette semaine…

Et soyons positifs jusqu’au bout: on comptabilise 5 jours sans pluie, dont plusieurs avec du soleil ! du coup, on va beaucoup dehors profiter du bois adjacent (privé, mais bon voilà !) et de notre petit jardin.

De l’autre côté, comme d’hab avec une situation un peu « différente », je tire des plans sur la comète et me retrouve frustrée parce que moi mes cours à l’unif ne sont pas suspendus et que j’ai toujours mon rapport de stage à faire. Avec la demoiselle à temps plein, c’est pas simple. Je voulais du temps pour ranger un peu mes 3 paniers de linge à replier qui traînent, du temps à deux avec le papa, du temps à 3 en famille, du temps à lire un peu et écrire, du temps à jardiner, préparer quelques activités pour E., cuisiner ensemble. Bref, un peu de congé. LOL. Je me sens nulle de ne pas savoir me lever à 6h du mat’ pour essayer de bosser 2h avant qu’ils se lèvent mais 1° je suis crevée en ce moment, et 2° E. a le sommeil léger au matin et tend à se réveiller vite quand je pars: rien de plus frustrant qu’une tentative de temps seule avortée. Et le soir, bah je m’endors avec elle à 21h…

Puis je suis un peu inquiète aussi. Je ne crois pas qu’on reprendra les cours après Pâques, la situation ne s’y prête pas j’ai l’impression. Puis j’ai un peu peur d’être malade, pas tant pour les conséquences que pour la difficultés de gérer boulot et petite fille (et la mise en quarantaine). J’ai très probablement été en contact avec une malade: est-ce que je n’ai pas eu de symptômes? est-ce que le virus est en mode « couveuse »?

C’est une situation qui me questionne et met en évidence plein de failles systémiques à garder à l’œil. Et je pense aux gens qui sont confinés dans de petits espaces avec le risque de violences que ça peut engendrer: ça me fait mal au cœur.

Bref, je parabole sur cette soi-disant parenthèse qui n’en pas une pour tous et qui me laisse sur ma faim.

Et chez vous, ça se passe comment le ralentissement forcé ?

Le temps de l’enfance

A 2 ans d’aventure lactée, je crois que si j’avais un seul et unique conseil à donner à des mamans allaitantes c’est bien celui-ci: laisser tomber vos montres ! Et je me rends compte ce que conseil dépasse largement le cadre de l’allaitement.

Quand notre fille est née, j’avais depuis longtemps décidé de m’orienter vers les pratiques du maternage proximale (allaitement non écourté et à la demande, cododo, portage – on y est toujours !). Au fil de la cohabitation, je me suis branchée à elle pour accompagner au mieux ses besoins, entrer dans l’écoute. Spontanément, je pourrais dire me connecter à mon « instinct » mais je l’omets sciemment: le parentage est loin d’être instinctif, c’est une pratique très imprégnée de la culture qui nous entoure. Evitons de glisser sur la pente dangereuse de l’essentialisme !

Ma foi, durant les 3 brefs mois de congé de maternité, ça allait encore, on avait notre petit rythme. Puis vint la reprise du travail … Bah m’sieur/dame, c’est là que le bât blesse, j’vous l’dit ! J’ai rarement tant vécu dans ma chair une telle incohérence…

Nos journées sont rythmées par nos activités: lever, coucher, travail, pause. Le petit humain, lui, il EST, tout simplement.

Il EST éveillé, il EST endormi, il EST la faim, il EST la colère/joie/tristesse/curiosité.

Et cette façon d’être au temps, au monde est peu compatible avec le monde du travail tel qu’il est. Même pour les plus grands, j’ai ce sentiment qu’ils sont en mouvance avec le Monde. Les petits enfants portent un regard sur les choses que nous n’avons plus: ils les regardent, nous on les inspecte pour en tirer une utilité (pas tout le temps mais quand même). Ils sont dans un espace de présence quand nous sommes dans le faire et l’avoir. Et c’est ce rapport-là au Monde que je veux cultiver, ce sentiment d’appartenance qui nous rend libre et confiant.

J’avais lu cet article de Eve Hermann qui traduit très bien ma posture: nous sommes les gardiens du temps de l’enfance de nos petit.e.s. En tant que parent, j’ai un rôle de protection de ce temps-là. Un rôle d’exemple aussi – que je gère beaucoup moins bien j’avoue !

Et les enfants savent nous le demander ce temps plein, ce temps d’exploration, ce temps d’attention. Sachons écouter, observer les enfants pour leurs apporter  ce temps juste qui les nourrit et les conforte, qui les fait grandir.

A tout juste deux ans, les semaines où nous sommes un peu moins disponibles parce que travail/formation/activisme, E. nous indique très vite qu’elle a besoin de temps avec nous soit pour jouer, soit pour se promener dehors (comprendre: quitter la crèche et se coucher deviennent calamiteux au possible !). Alors je priorise: le soir, on rentre à pied de la crèche sur le chemin des cyclistes pour marcher librement, papoter et observer ce qui s’offre à nous.

1h30 pour quitter et rentrer de la crèche: c’est beaucoup et finalement, si peu quand on sait qu’elle y passe 7-8h sur la journée. 1h30 à batifoler, sauter dans les flaques et collecter les fleurs de saules. Et moi, trop souvent, je ronge mon frein en pensant à tout ce que je dois encore faire en rentrant… Quand je vous disais que je suis loin d’être un exemple d’adulte en conscience ! Et en même temps, cela soulève tant de questions d’ordre politique comme l’accès à des espaces verts calmes, l’organisation du temps de travail, la possibilité d’utiliser des modes de transport actifs au quotidien (comprendre: vélo, marche et autres moyens de locomotion où on doit faire bouger la machine!), la charge mentale des déplacements et de la soirée… Dur d’”être” quand le cerveau travaille tout ça !

Radical parenting

Il y a bientôt 2 ans, nous sommes nés parents.

Depuis, on a bien changé.

Je ne sais pas si c’est la secousse émotionnelle d’accueillir un tout-petit dans notre foyer, ouvrant des failles dans nos cœurs un peu trop blindés par nos têtes. Pas sûre qu’on le sache jamais.

Toujours est-il que le bien aimé papa a commencé à écouter Thinkerview les soirs de vaisselle durant lesquels notre demoiselle tâchait de s’endormir en tétant. Et puis, ça s’est enchaîné: collapsologie, écologie intérieure, écologie radicale, anarchisme, révolution zapatiste, anticapitalisme, écoféminisme, désobéissance civile. On en parlait entre deux portes, s’échangeant des lectures, des points de vue, accordant nos idéaux tels des violons de concerto.

2 ans après – Nous sommes entrés en lutte: lui souvent dehors, moi souvent dedans à me dépatouiller avec le travail, un maternage instinctif, une charge mentale qui me ronge, de la colère, de la fierté, de la lassitude.

Colibri et collectif se mélangent, en une répartition genrée qui m’interpelle et me questionne: quel modèle suis-je en train de transmettre à ma fille ?

Voilà, je reprends un peu la plume pour vous présenter notre quotidien de parents radicaux en quête de petites joies, de grands changements sous le regard bleu myosotis de notre enfant.

A suivre !

Une page se tourne…

Cher.e.s lecteur/trice.s,

D’ici 3 jours, le blog fermera ses portes. J’ai pris du plaisir à écrire et échanger avec vous par ici mais je dois poser des choix en terme de temps et d’énergie, et je n’en ai pas suffisamment pour maintenir le blog à flot.

Même si je ne fais que tester un peu, vous pouvez toujours suivre mes quelques partages sur mon compte Instagram : https://www.instagram.com/le.lynx.d.or/

Bonne route à tous et merci pour vos passages 🙂

Lili Bulk : le zéro déchet 2.0

Même quand on vit en ville – ou en périphérie-, il est parfois bien difficile d’accéder à des commerces alternatifs aux grandes chaînes de distribution habituelles. Où et comment trouver des produits biologiques, locaux au maximum tout en appliquant le zéro déchet ?

Avant notre déménagement, nous étions plus ou moins bien rodés : visites hebdomadaires aux crémiers et au boulanger, commande des fruits et légumes à un maraîcher de la province qui livre à un point dépôt, ou bien visite à la coopérative près de mon lieu de travail, et visite mensuelle au magasin bio (à 4 kilomètres du centre ville, côte en prime).

Désormais, nous nous sommes éloignés de ces commerces, notamment du magasin bio : nous devons trouver une autre solution pour éviter de nous surcharger à chaque voyage là-bas. Car on a beau être plein de bonne volonté, vivre sans voiture est une source de contraintes avec lesquelles il faut jongler. Si nous regroupons nos achats en ville un maximum, je cherchais à soulager la visite mensuelle au magasin bio. Et j’ai découvert un bien chouette concept!

Lili_bulk

C’est une amie qui m’a présenté « Lili Bulk ». Le principe ? On commande en ligne une série de produits de cuisine secs qui sont livrés soit en point relais, soit à domicile pour les Bruxellois, dans… des bocaux consignés ! Le vrac 2.0 donc. Ce sont des bocaux en verre de taille variées, solides mais relativement légers quand même. On les paye lors du premier achat. Au suivant, si on prévoit de les ramener au point relais, on décompte leur prix du montant total de la commande. Le principe de la consigne 🙂

Une assez grande variété de produits (environ 70) est déjà disponible en ligne : on peut donc faire ses courses et se faire livrer tout près de chez soi. Pratique pour les adeptes des transports en commun, du vélo ou de la marche!

Les point relais font pour moi partie du système de l’économie collaborative, puisqu’ils se construisent grâce à un réseautage réalisé au départ de plateformes internet. Je suis une assez grande adepte de ce type de structure. En effet, ils favorisent l’ouverture d’un marché à des zones qui, parfois, sont délaissées pour des raisons diverses : trop éloignées des centres d’activités (comme les petits villages), trop petites pour qu’une activité commerciale fixe y soit rentable ou, à l’inverse comme dans le cas des centres villes, parce que la location d’un local de commerce y est trop élevée, voire peu accessible pour les voitures. Cette dernière raison est une des explications de la forte délocalisation en périphérie des commerces, même alimentaires. La voiture omniprésente met la pression sur l’aménagement territorial, avec pour conséquence que l’accès à ces zones de commerces devient très complexe voire impossible par les modes de transport doux.

Néanmoins, les points relais ne sont pas une panacée non plus. Ils peuvent tisser du lien comme en défaire puisqu’il y a parfois un côté déshumanisé de l’approche. Si certains points relais offrent la possibilité de rencontrer d’autres personnes, d’autres sont juste des dépôts. Je garde toujours un œil sceptique face à l’économie collaborative car mine de rien, il n’y a parfois que quelques pas qui la sépare d’une uberisation* du système. Reste que les point relais, s’ils sont développés avec des commerces de proximité bien valorisés et des marchés locaux bien organisés, s’inscrivent dans un développement durable des circuits courts et de proximité.

Pour en revenir à l’entreprise de Lili Bulk, j’ai posé quelques questions à Aurélie et Florence, les deux entrepreneuses à la tête du projet.

– Mais qui est donc Lili, et comment est-elle née? Quelles sont les valeurs qui l’animent?

« Lili Bulk » est née de la rencontre de notre rencontre, toutes deux animées par l’envie de permettre à tous ceux qui souhaitent pratiquer le zéro déchet de le faire sans se compliquer la vie. Réduire à zéro le nombre d’emballages jetables est notre ambition. 

Nous sommes parties de notre propre expérience de mères de famille, actives, cherchant à bien s’alimenter, dans une perspective durable pour la planète, pour innover et créer l’épicerie du futur.

– On constate bien que « Lili Bulk » est une entreprise tirée d’une prise de conscience environnementale, quel a été votre déclic vers ce nouveau chemin?

Le déclic a clairement été une formation en coaching zéro déchet pour Florence et en alimentation durable pour Aurélie. Ensuite est née l’envie commune d’entreprendre dans le développement durable, de se lancer dans un projet avec du SENS et qui puisse aider les autres à adopter de nouvelles habitudes plus respectueuses de l’environnement. 

– Monter une entreprise n’est pas chose aisée, à quels problèmes avez-vous été confrontées? Avez-vous dû faire des compromis?

Entreprendre c’est affronter les hauts et les bas, ne pas avoir peur de travailler de longues heures, de voir s’allonger sa TO DO list. Mais c’est aussi le bonheur de faire des choses que l’on aime par dessus tout, de recevoir des encouragements qui vous poussent à continuer et à vous améliorer.

Nous avons eu la grande chance de ne pas avoir été confrontées à des problèmes majeurs jusqu’à présent (on touche du bocal ;-)). Nous sommes également vigilantes à conserver l’équilibre famille/travail. 

– Même s’il y a parfois des nuages, il y a sûrement aussi des victoires. Quel est votre plus beau souvenir depuis le début de l’aventure?

Avoir reçu le Prix du Public Greenlab nous a vraiment fait chaud au cœur. Notre première commande faite sur la version bêta du site web fut un grand moment de joie!

– Pour conclure, comment voyez-vous « Lili Bulk » dans 3 ans ?

Nous espérons avoir multiplié les points relais partout en Belgique et avoir commencé notre avancée à l’international. Nous espérons également devenir LA référence pour la consigne du produit sec. 

Découvrez la gamme de « Lili Bulk » sur leur site : http://www.lili-bulk.com/fr/

Connaissiez-vous « Lili Bulk » ? Seriez-vous tenté de commander sur leur site ?

 

*Uberisation : néologisme créé au départ de la firme Uber, il s’agit d’un système de proposition de service qui met directement en contact un client et des fournisseurs de services via des plateformes internet. On paye à la fois le service et la mise en relation.

Note : cet article est juste le fruit d’une jolie découverte et de l’envie de la partager, il ne fait pas partie d’un partenariat.

Alerte Nature #2 – Living Land

Living_land

L’information ne m’arrive que tardivement, je m’attelle donc à vite vous présenter la nouvelle issue de l’ ”Alerte Nature”. Car cette fois-ci, il s’agit d’une véritable opportunité, l’occasion de faire trembler les systèmes actuels.

Une consultation populaire européenne a été lancée par la Commission concernant ni plus ni moins l’avenir de notre système agricole.

Mais rappelons de quoi il est question. Actuellement, l’agriculture européenne est subventionnée par le biais de la Politique Agricole Commune (PAC). La PAC représente un budget annuel de 58 milliards d’euros, près de la moitié du budget européen. Une somme conséquente qui alimente un système agricole qui ne devait remplir qu’une fonction : produire.

Mais la médaille a un revers. Si cette vision se justifiait au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, elle pose aujourd’hui de nombreuses questions. Ce modèle agricole industriel est à la source d’externalités négatives importantes vis-à-vis de l’environnement, touchant à la fois la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la santé de nos sols. Sans oublier le climat. Notre modèle agricole européen s’est construit et développé et s’isolant des contraintes environnementales. Or, les prises de conscience concernant l’usage des biocides et intrants de synthèse, qui plus est sous la contrainte des changements climatiques, ont mis en évidence que notre modèle est peu durable et obsolète. Et pour se passer de ces divers intrants de synthèse, l’agriculture doit ré-admettre et retrouver son lien avec l’écosystème duquel elle n’a jamais cessé de faire partie, mais n’a cessé d’altérer.

Le temps est donc venu de changer notre approche concernant l’agriculture: nous avons besoin de nouveaux modèles qui puissent s’inscrire dans une préservation à long terme de notre accès aux biens fournis par les cultures tout comme dans la préservation de cet environnement dont nous sommes tous dépendants.

Petit à petit, l’agroécologie fait son nid dans les milieux institutionnels, gagnant en crédit auprès des scientifiques. Il ne tient qu’à nous de lui ouvrir la voie pour qu’elle puisse, demain, devenir notre nouveau modèle agricole.

Ouverte à tous, cette mobilisation citoyenne est essentielle pour faire bouger les choses. Pour agir, deux approches s’offrent à vous. Vous pouvez signer la charte de Living Land ou bien celle des associations participantes. Ou bien, vous pouvez parcourir l’ensemble de la consultation et y insérer les recommandations fournies par certaines associations (Natagora en Belgique, la LPO en France). Cette seconde voie vous permet de mieux comprendre les positions tenues par les associations regroupées sous la bannière de « Living Land« .

Ensemble, agissons pour dessiner les paysages et nos assiettes de demain !

Liens:

– Le site de Living Land  : https://www.living-land.org/actnow/#iframe

– Les recommandation détaillées de Natagora : http://www.natagora.be/fileadmin/Natagora/PolitiqueGenerale/Politique_Agricole_Commune/LivinLang_ConsultationPAC_ReponsesRecommandees.pdf

– Les recommandations détaillées de la LPO : https://www.lpo.fr/actualites/appel-a-mobilisation-avant-le-2-mai-repondez-a-la-consultation-publique-sur-l-avenir-de-la-pac

Crédit image : pixabay.com

Minute papillon #1

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Entre les rayons de soleil et les averses, vous avez pu entr’apercevoir les premières fleurs: perce-neiges, crocus et d’ici peu, les blanches anémones et l’or étoilé des ficaires. Ces deux dernières profitent que les arbres sont encore nus et laissent passer la lumière dans les sous-bois pour réaliser leur cycle de vie. La Nature n’aime pas trop le vide, chaque niche écologique sera occupée.

Du côté des insectes, ça se réveille doucement aussi. Parmi les premiers à voler, on retrouve les osmies et les bourdons, deux hyménoptères. Les osmies sont des abeilles solitaires, surnommées aussi abeilles maçonnes.

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By Lamiot (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/3.0)%5D, via Wikimedia Commons

Contrairement à l’abeille domestique chez qui on observe des castes (reine, ouvrières) et des ruches construites, l’osmie femelle s’occupera seule de son couvain, de manière plus sommaire. Elle aménagera des cloisons dans des interstices de maçonnerie, des tiges creuses ou d’anciennes galeries inoccupées à l’aide de boulettes d’argile qu’elle collectera dans les zones humides. Ensuite, elle pondra une quinzaine d’oeufs dans des alvéoles où elle aura pris soin de déposer, auprès de chaque oeuf, une boulette de pollen nourricier avant de fermer la chambre.

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By tpjunier (http://www.flickr.com/photos/tpj/145561450/) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)%5D, via Wikimedia Commons

Abeille précoce, de quoi donc se nourrira-t-elle?

Des fleurs de saules (Salix sp.) ! Au début du printemps, les saules offrent des fleurs nectarifères très appréciées des bourdons et des osmies qui ont grand besoin d’énergie.

Soyez curieux lors de vos promenades, ça s’agite entre les rayons de soleil !

Rêvons les fêtes

Cet article était un brouillon de l’an dernier. Je voulais apparemment vous parler de surconsommation, de représentations, de simplicité, de conscience, de rêve. Un an après, même si je pense toujours à cela, j’ai envie de simplement partager du rêve.

glacon

Le 12ème mois est là.

Celui qui nous fait nous retourner, avec un soupir parfois, pour regarder par-dessus l’épaule l’année déjà écoulée.

Celui qui nous fait regarder, les yeux brillants, le cœur battant, le nouveau chemin qui se profile.

Décembre, le mois de tous les contrastes.

Il y a ceux qui couvrent le pied du sapin de mille et uns papiers brillants et ceux qui partagent autrement. Il y a ceux qui l’attendent avec impatience dès que novembre a pointé le bout de son nez, et ceux qui n’ont qu’une hâte, que les fêtes soient derrière eux, que décembre ne soit qu’un tracé à la craie blanche sur un tableau noir qu’on efface rapidement, le plus tôt le mieux.

Au creux de décembre, entre les espoirs de neige et les guirlandes qui font sourire, on met en place de petits rituels, des traditions. Ces gestes incarnent un peu notre souhait de l’immuable, on s’y réfugie le temps d’un mois, le temps de saluer à nouveau notre âme d’enfant. Après tout, les traditions auxquelles nous accordons parfois tant de crédit ne sont-elles pas ce qu’il restera après nous, une fois tous les Noël finis? Ne sont-elles pas ce qu’on peut espérer toujours partager avec les suivants? Peut-être est-ce pour cela qu’elles sont si dures à secouer. Elles rappellent un temps d’avant où, un jour, nous resterons nous aussi.

Mais, secouons-nous, je suis là pour vous parler de lumières qui pétillent et de bulles qui brillent (serait-ce l’inverse ?)

lightpainting
Séance de « light painting » à deux

Tous ces petits rituels ont du bon ! Ils rassurent, ils nous ancrent dans un présent que l’on tend trop à délaisser. Décembre est, je trouve, le mois du partage. J’aime y glisser de la magie, du rêve, me laisser aller aux joies simples. En grandissant, cela devient dur de ne pas les laisser se faire parasiter par des réflexions très pragmatiques, souvent pessimistes. Pourtant, il y a bien une chose que je commence à comprendre, c’est que le cœur dicte beaucoup. Ou tout du moins aurait beaucoup à dire si le cerveau ne monopolisait pas la conversation! Avec ce mois de tous les possibles, c’est le moment de s’écouter sourire intérieurement, de comprendre ce qui nous met en joie, pour au fil de l’année, apprendre à mieux profiter.

Seulement, prudence, décembre n’est pas pavé que de bonnes intentions. Le rêve est maquillé, déguisé par un marketing insidieux qui vous fait croire, dès le plus jeune âge, que la joie découle de l’avoir. Décembre, c’est un peu le miroir du Rised, reflet de tout ce que vous pourriez être ou avoir. A trop le contempler, on passe à côté de ce qui compte vraiment. Sans oublier l’émergence d’une pression au bonheur, qui se traduit en angoisse des cadeaux et de la décoration. A vous d’être astucieux pour décoder les mirages et apprendre à faire tomber les masques! Il faut parfois creuser un peu pour sortir des chemins balisés de prétendus codes amenant au bonheur pour trouver ce qui, vraiment, vraiment, nous apporte de la joie.

stnicolas
Saint-Nicolas !

Ce que j’aime dans les temps de décembre, c’est imaginer, prévoir, concocter. C’est un peu un temps de secrets, de surprises, de cache-cache.

J’avais envie de partager ces joies simples qui ponctuent le mois en une petite liste non-exhaustive.

  • Découvrir les décorations de la ville, avec la rue dans laquelle tombent des étoiles filantes.

  • Sortir les graines et les boules de graisse pour les oiseaux aux premières gelées (et aller installer tout cela sous le regard curieux d’un chat qui se découvre des penchants granivores).

  • La préparation du calendrier de l’Avent.

  • L’arrivée des cougnous, à déguster avec un chocolat chaud à la cannelle en rentrant du travail.

  • Les passages de St-Nicolas dans les souliers, quelques jours avant le 6 décembre.

  • La préparation de la table de St-Nicolas le soir, camouflée par une couverture que l’on soulève, à deux, le lendemain matin, avec la joie qui fait battre le cœur.

  • Les aubes froides et claires, qui me permettent de voir le soleil se lever.

  • La perspective des premiers flocons, et, oh joie!, la première neige (même si elle annonce des retard sur le rail – mais, avouons-le, ça ne change pas de d’habitude)

  • Décorer la maison, même ne serait-ce qu’un peu, pour amener de lumière autour des fenêtres.

  • Réfléchir aux cadeaux que l’on va faire, les sélectionner avec soin, réfléchir à ceux que l’on va confectionner soi-même.

  • Imaginer avec gourmandise le menu du 25, se creuser la tête un petit peu pour faire une jolie bûche.

  • Sortir promener dans le froid, pour profiter de la nature endormie, et qui craque doucement sous les étoiles de givre.

  • Savourer, le soir au coin du feu, des livres de contes et légendes qui nous font regarder différemment la nature alentour.

  • Concevoir les cartes de vœux à envoyer à ceux que j’apprécie et qui sont loin, ainsi que celles des cheminots.

  • Et, cette année, découvrir avec ravissement “Fantastic Beasts and where to find them”, et replonger le temps d’une aventure dans cet univers de magie que j’aime tant.

En ce moment, on a grand besoin de rêver, d’imaginer pour bâtir ensemble un projet commun de vie. Un projet construit par ce que l’Humanité a et fait de mieux. Je crois dur comme fer en ces alternatives de vie, ces alternatives qui bousculent les idées de bonheur et de réussite qu’on a dans la tête. Ce sont les premières fleurs d’un jardin commun en cours de travail. Alimentons les tous ensemble pour, un jour, en récolter les fruits!

bougie

Et vous, comment regardez-vous décembre?

Quelles sont les petits rituels de saison que vous installez?