Le jour où j’ai eu envie de me maquiller

Un matin, je pense l’an dernier, je me préparais rapidement devant le miroir de la salle de bain : vite un peu d’eau, un coup de peigne, se brosser les dents. Et tout à coup,en me regardant, j’ai eu envie de me maquiller. Cette pensée m’a assez interpellée parce que je n’ai jamais aimé me maquiller. Je ne comprenais pas ce geste, qui à mes yeux faisaient partie de tous ceux imposés aux corps des femmes pour plaire aux hommes..

Et puis ce matin-là, j’ai compris deux choses.

La première : ce n’est pas tant de maquillage dont j’avais besoin mais de temps dédié à moi. La jeune maman qui s’oublie beaucoup et ne sait finalement plus trop ce qui la nourrit. J’ai finalement compris que les gestes du maquillage peuvent être des gestes de soin de soi. De son corps ou de son reflet – et donc de sa valeur intérieure.

La seconde : j’ai compris le principe de sororité. Sur cette micro-révélation, je me suis sentie sourire car pour une fois, je sentais mon cœur s’ouvrir à d’autres points de vue de femmes. Et je me suis sentie reliée à cette diversité, comme une étoile dans une constellation. J’ai eu le sentiment de partager le vécue d’autres, d’appartenir à une grande famille. C’était doux.

Finalement, je ne me suis jamais remaquillée mais de ce jour en face du miroir, j’ai apporté encore une solide brique à mon féminisme naissant.

Note: je tente de reprendre un peu la barque de cet espace à moi qui gît ici dans les méandres d’Internet. J’ai besoin d’un espace pour tenter de dépasser ce sentiment d’imposteur qui me nargue et de décortiquer un peu le flux de pensées qui m’inondent. Maternité, féminisme, écologie seront en tête de liste dans les sujets discutés 🙂